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Retard de croissance économique en Afrique

Une récente étude réalisée dans 24 pays africains dont le Bénin fait un réquisitoire sévère du déficit en infrastructures sur le continent africain. L’étude, lancée hier jeudi 12 novembre en Afrique du Sud, appelle à un investissement colossal pour rattraper le grand retard de l’Afrique par rapport au reste du monde>>>

03-12-2009

Problèmes chroniques d’électricité, réseau de transport routier peu praticable, aérien et ferroviaire défectueux, inexploitation des ressources en eau pour l’irrigation des terres agricoles, une bonne partie du continent africain a encore l’air d’un terrain vierge où tout reste encore à faire.

Le constat émane d’une récente étude intitulée « Infrastructures africaines : une transformation impérative » réalisée par le Consortium pour l’Infrastructure en Afrique (ICA) qui réunit un pool de bailleurs de fonds dont la Banque Mondiale. Les conclusions auxquelles l’étude est parvenue sont sans appel : l’Afrique possède l’infrastructure la plus faible au monde alors que les africains paient deux fois plus les services de base que les habitants d’autres régions.

Quelques chiffres clés pour prendre la mesure de la catastrophe. Excepté l’Afrique du Sud, la consommation d’électricité a atteint en moyenne 124kwh par personne et par an, soit tout juste ce qu’il faut pour allumer une ampoule par personne pendant six heures par jour. Seulement 1/5 de la population de l’Afrique subsaharienne a accès à l’électricité contre la moitié de la population en Asie et les 4/5 en Amérique latine.

« Les coupures fréquentes d’électricité obligent les entreprises à utiliser des générateurs de secours avec des coûts de production électriques élevés. Beaucoup de pays utilisent des centrales électriques diesel, qui sont inefficaces, chères, et à petite échelle », relève le rapport présenté hier à un groupe de journalistes africains.

Le système de transport pose également problème. « Les connexions entre les différents modes de transports ne fonctionnement pas efficacement et les services logistiques entament tout juste leur développement. Cette situation provoque des retards significatifs et des coûts élevés dans le trafic international de marchandises », souligne Vivien Foster, de la Banque Mondiale, l’un des rédacteurs du rapport.

Plus spécifiquement, l’étude pointe du doigt l’abandon des réseaux ferroviaires dont l’importance a diminué notoirement ces trente dernières années. « Sans un système de transport compétitif et des mesures favorisant le commerce, les services de transport routier continueront à être chers et inefficaces, mais les fonds destinés à la maintenance de ces infrastructures sont encore largement insuffisants », alerte le rapport.

Le déficit en eau sur le continent relève d’un paradoxe, selon les conclusions de l’étude. « L’Afrique possède des ressources en eau similaires à celles d’autres continents, mais l’exploitation qu’elle en fait pour son développement est moins importante. Moins de 5% de ses terres agricoles sont irriguées, moins de 10% de son potentiel hydroélectrique a été exploité et seulement 58% des africains ont accès à une source d’eau propre ».

Le seul domaine où l’infrastructure a connu un développement exponentiel reste celui des TIC où la libéralisation des marchés a conduit à un investissement privé massif dans les réseaux mobiles. « Mais dans les autres filières, tels les services de lignes fixes et de large bande, il reste d’importants défis à relever », tempère Vivien Foster.

Combattre les inefficacités

« Une infrastructure moderne est la colonne vertébrale d’une économie et le manque d’infrastructures entrave la croissance économique », avis des membres du consortium. La preuve, l’étude a révélé que l’état déplorable des infrastructures en Afrique subsaharienne freine chaque année la croissance économique des pays africains de 2% et limite la productivité des entreprises de 40%.

Le rapport évalue les besoins annuels pour la prochaine décennie à 93 milliards de dollars, soit plus du double des estimations initiales. Dans cette enveloppe, le secteur énergétique se taille la part du lion, avec un besoin en investissement de près de 41 milliards de dollars.

« L’Afrique doit augmenter sa capacité de génération électrique de 7000 Mw par an, mais elle n’a installé que 1000 Mw au cours de ces dernières années », argumente Cecilia Briceno-Garmendia, de la Banque Mondiale, l’autre rédactrice de l’étude.

A travers l’analogie d’un sceau qui contient l’ensemble des investissements nécessaires, l’étude prévient contre le risque du retard d’efficacité qui constitue le péché mignon des politiques d’infrastructures en Afrique. « Les inefficacités reviendraient à verser de l’eau dans un sceau percé », prévient-on. Il se trouve par exemple qu’aujourd’hui, près d’un des capitaux affectés dans le budget aux infrastructures n’est pas dépensé.

La raison en est entre autres, la mauvaise planification, la sélection des projets, la mauvaise préparation des projets, l’inefficacité des procédures de passation de marché, la budgétisation annuelle.

Aujourd’hui le retard d’inefficacité se chiffre à 17 milliards de dollars par an, estime l’étude qui indique que des institutions fortes sont la clé de la lutte contre ce phénomène.

L’étude lancée hier en Afrique du Sud servira, semble-t-il, d’un nouveau point de départ pour la relance de l’investissement dans les infrastructures sur le continent.


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