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Discours officielle du SG CSB sortant

XIIème CONGRES DE LA CSB

THEME : « Quelles responsabilités syndicales, face à un avenir caractérisé par de multiples incertitudes pour les travailleuses et les travailleurs ? »



DISCOURS DU SECRETAIRE GENERAL DE LA CSB


Ouagadougou, du 28 au 29 juin 2012


DISCOURS DU SECRETAIRE GENERAL DE LA CSB


Monsieur le Ministre de la Fonction Publique du Travail et de la Sécurité Sociale ;

Monsieur le Ministre de l’Administration Territoriale, de la décentralisation et de la Sécurité ;

Monsieur le Ministre de la Jeunesse, de la Formation Professionnelle et de l’Emploi ;

Madame la Secrétaire Exécutive de l’ONG/ASMADE ;

Monsieur le Représentant de CSI et CSI – Afrique;

Chers Collègues venu(e)s d’Afrique et d’ailleurs;

Chers Collègues Secrétaires Généraux des Centrales Syndicales sœurs du Burkina ;

Chers Invités ;

Mesdames et Messieurs ;

Camarades Congressistes !

A toutes et à tous nous souhaitons la bienvenue, et nous vous disons merci d’avoir accepté, malgré vos calendriers respectifs chargés, de venir rehausser par votre présence la solennité de cette cérémonie d’ouverture du XIIème Congrès Ordinaire de la Confédération Syndicale Burkinabé.

Nous ouvrons ce Congrès à l’heure où l’analyse de la conjoncture économique internationale indique la persistance des signes d’instabilité de l’économie qui s’expliquerait par la convergence des tensions sur les marchés financiers mondiaux. Ainsi, le taux de croissance économique mondiale de l’année 2011 est passé à 2,5%.

Au titre de la conjoncture économique dans l’espace UEMOA, l’analyse révèle des signes de reprise économique en liaison avec la normalisation de la situation politique en Côte d’Ivoire et le dynamisme du secteur minier dans certains Etats membres.

Au titre de la conjoncture économique nationale, la croissance du PIB pour l’année 2011 est ressortie à 4,2% contre 7,9% en 2010. Cette croissance a été principalement tirée par le secteur secondaire dont la valeur ajoutée a progressé de 10,5% en 2011 en liaison avec la bonne tenue du secteur minier. Pour la perspective de l’année 2012, les projections indiquent un taux de croissance économique de 7%, à la condition d’une bonne tenue de la production et du cours mondial de l’or ainsi que sur une reprise de l’activité agricole.

Quant au niveau des prix, il a poursuivi sa tendance à la hausse au mois de décembre 2011, avec une tendance aggravante due la faible pluviométrie, en enregistrant des hausses moyennes trimestrielles de 16% pour le mil, 14% pour le sorgho, 1% pour le maïs et 25% pour le niébé. Cette tension sur le marché céréalier, est consécutive à la mauvaise campagne agricole 2011/2012. 

Les quelques mesures moles prises par le gouvernement, pour contrôler les prix des produits de première nécessité et éviter une catastrophe alimentaire, en cours d’année 2012, ne sont pas à la hauteur de la crise, et les consommateurs restent tributaires d’une spirale inflationniste jamais égalée, dans un contexte de tension sociale récurrente. 

Cette situation de tension explique que le dialogue social préventif et inclusif n’est pas suffisamment mis à contribution dans notre pays. Elle est aussi indicatrice du peu de considération qui est accordée au mouvement syndical burkinabé par les autorités politiques, surtout en sa capacité d’incorporer dans les schémas économiques classiques des clés pour des solutions de développement équitable et durable. C’est à Keynes que l’on doit l’idée qu’en situation de crise, ce n’est pas l’épargne des riches qui permettra de relancer l’économie mais plutôt une redistribution vers les ménages les plus pauvres qui ont une plus forte propension à consommer (l’argent reçu servira à améliorer le quotidien et sera donc dépensé, ce qui est profitable pour l’économie). Conclusion, plutôt que de faire des largesses aux plus riches (baisser les impôts, accorder les exonérations douanières…) il est préférable d’améliorer le pouvoir d’achat des populations ! 

Le mouvement syndical burkinabé est organisé, unitaire et responsable. Il est composé d’un ensemble de forces de propositions plurielles, ayant fait le choix de la synergie et de la cohérence. Les fondements de l’unité d’Action Syndicale au Burkina Faso se sont constitués sur la base de matériaux historiques passés à l’épreuve de plusieurs crises sociopolitiques. La fécondité des négociations collectives, ces dernières années, témoigne de l’efficacité du bloc syndical ainsi constitué. La CSB est une composante essentielle dans cette unité d’action, parce qu’elle y apporte sa force spécifique.


LA VRAIE FORCE DE LA CSB

II y a déjà quelques mois, nous avions entrepris de nous regarder dans le miroir. En effet le BNC/CSB avait décidé de s’assoir et de se parler à lui-même, en tant que Bureau Confédéral de la CSB, des forces et des faiblesses de notre centrale syndicale. Cette démarche extraordinaire de l’autocritique m’a toujours séduit dans le milieu syndical qui est pionnier dans la culture démocratique. Et cet épisode m’avait encore surtout convaincu que la CSB est toujours sur les rails, en tant qu’organisation responsable, digne du mandat de ses membres.

Notre pays, le Burkina Faso, l’Afrique entière et le monde, a besoin de syndicats, j’allais dire, d’organisations de travailleuses et de travailleurs, forts et dignement représentatifs des légitimes aspirations du monde du travail. Surtout sous ce ciel:

  • où chaque jour apparaissent de nouvelles menaces ;
  • où chaque jour les hommes et les femmes qui travaillent sont confrontés à des incertitudes nouvelles ;
  • où les « credo » se fragilisent.


Ces menaces et ces incertitudes, il faut bien sûr les connaître. Mais si dans un combat, il est vrai qu’il faut bien connaître son ennemi, il est d’autant plus essentiel de bien se connaître soi-même. C’est pourquoi, avant de parler de ce qui nous menace je voudrais parler de ce que nous sommes.


CE QUE NOUS SOMMES

Je voudrais tout simplement et humblement vous rappeler ce que nous sommes à la CSB. Quelles sont nos forces et nos faiblesses, afin de mieux être en mesure de relever les défis que ne manqueront pas de nous imposer les temps incertains que nous traversons.

Il serait, par exemple, bien tentant, avec une économie mondiale en récession, sur fond d’instabilité et de menaces terroristes, de démonisé la mondialisation en criant et en levant les bras au ciel. Ce n’est pas la notre façon de penser et de faire à la CSB. Nous préférons nous attaquer aux causes profondes, exiger d’être entendus et proposer des solutions réalistes, que ce soit au niveau national, régional, ou même international.

Je parle, là, de la « politique de présence ». C’est là notre caractéristique profonde, notre arme secrète. Je vais vous en parler avec complicité, pour que nous nous connaissions mieux nous-mêmes. Ceci est d’autant plus important que nos rangs se renouvellent et s’élargissent, avec de plus en plus de jeunes membres, venant de tous les secteurs professionnels et des treize régions du Burkina Faso.

Ce que je me permets de qualifier de culture de la CSB, même si en cela, nous avons encore besoin de le matérialiser, d’une façon ou d’une autre, a été forgé par, à la fois, un héritage de militantisme et une vision permanente de l’avenir des travailleuses et des travailleurs burkinabé. Une façon de voir et de faire au sein du mouvement syndical national et international, qui nous a permis de mériter la considération et l’écoute auprès de toutes les forces sociales.


UNE POLITIQUE SOUTENUE DE PRESENCE

Partout ou se prennent des décisions importantes pour la communauté, pour les travailleurs et les travailleuses, la CSB se fait un point d’honneur d’être présente. Il est de notoriété publique que nous avons toujours eu une sainte horreur de la politique de la chaise vide.

Notre culture de la présence sur la scène publique remonte à nos précurseurs, Ado Paul ZABRE (1974 – 1976), Salif OUEDRAOGO (1976 – 1978), Soumane TOURE (1978 – 1987), Hyacinthe OUEDRAOGO (1978 – 1990), Richard L. NAMOANO (1990 – 1993), les premiers secrétaires généraux de notre Confédération Syndicale, qui marque depuis plus d’un quart de siècle le portrait syndical, social et politique de la Haute Volta d’alors, et du Burkina Faso aujourd’hui. C’est avec la même détermination d’être entendus que se sont succédés, au secrétariat général de la CSB : les Dalébi DABERE (1993 – 1994), Nazi KABORE (1994 – 1997) et Roger TAPSOBA (1997 – 2000). A tous ces dignes précurseurs et devanciers nous rendons un digne hommage (applaudissements).

Cet engagement socio-constructif, nous est transcrit dans nos statuts qui, dans la déclinaison des buts et des moyens de la Confédération orientent résolument l’action de la CSB. La CSB incite ses membres à participer à la vie politique sous toutes ses formes et d’assurer une présence prépondérante des travailleurs et travailleuses partout ou des décisions sont prises en leur nom. Cela est soutenu par un processus conséquent de formation sociale, politique et économique d’une part, et d’autre part, par un encouragement à un militantisme socio-actif susceptible d’engendrer un changement en profondeur de l’organisation de notre société, et ce, dans l’intérêt des travailleurs et travailleuses.

Cela peut sembler banal et anodin. Détrompez-vous. C’est là un engagement de la plus haute importance. Nous y puisons notre éternelle jeunesse comme à une véritable fontaine de jouvence !

La CSB, vous le savez, est présente dans une multitude d’organismes, pour y proposer des solutions et influer sur les décisions. Nous avons choisi d’être présents partout où les intérêts des travailleurs et travailleuses sont en jeu. Pour ce faire, il n’y a pas trente-six façons : il faut être du bon côté de la porte, dedans et pas dehors.

La présence de la CSB doit se renforcer et se décentraliser. C’est pourquoi depuis plus d’une décennie nous avons pris l’engagement d’organiser et de syndicaliser le Secteur de ‘Economie Informelle. En prenant appui sur les organisations de l’Economie Informelle, nous avons complété facilement nos structures régionales. C’est ainsi que la CSB existe et travaille dans les 13 régions à travers 15 permanences régionales. Notre présence devra maintenant gagner les institutions décentralisées, à travers les collectivités locales.


C’est la notion de service syndical qui est en train de prendre toute son amplitude à la CSB : le mandat syndical est de rendre de vrais services directs aux membres. Tout service qui contribue à leur bien être et à l’accomplissement de leur pleine citoyenneté : formation syndicale, solidarité et entraide quotidienne, formation et assistance civique, alphabétisation, formation professionnelle, amélioration de l’accès au crédit, amélioration de la protection sociale, amélioration de la sécurité et de la santé au travail, protection de l’environnement, défense individuelle et collective et j’en passe…

PRESENTS PARTOUT

Et maintenant, des décisions se prennent-elles ailleurs? Nous voulons y être aussi ! Des décisions se prennent au niveau continental, au niveau mondial... nous voulons avoir voix au chapitre. Nous voulons être présents partout où le sort et l’avenir des travailleuses et travailleurs se lie. La tragédie de la globalisation marchande doit se buter à la stratégie de la globalisation syndicale. C’est pourquoi la CSB s’engage dans les solidarités. Notre investissement dans l’unité d’action syndicale nationale nous a donné la preuve que partout où s’exerce le rassemblement des forces organisées des travailleuses et travailleurs, le combat pour la justice sociale engrange des victoires.

La mondialisation, c’est un fait, pas une vue de l’esprit. Et puisque les puissances financières s’organisent pour prendre des décisions qui nous concernent comme travailleurs et travailleuses, nous devons nous organiser pour être entendus. Avec toutes ces savantes thèses des économistes, des analystes financiers ou autres sur le libéralisme et l’entreprise mondiale, au bout du compte, ce sont nos membres et leurs familles qui en vivent les effets au quotidien. Il est de notre devoir et de notre profonde responsabilité de trouver la riposte, de nous faire entendre sur toutes les tribunes.

Nous sommes convaincus que les travailleurs et les travailleuses sont à même de formuler des pistes de solutions concrètes, par le biais de leurs organisations syndicales, face aux injustices sociales et aux iniquités économiques. C’est pourquoi nous disons qu’il est temps d’impliquer sérieusement les organisations syndicales dans les réflexions, pour trouver les solutions de sortie de cette crise financière qui sème la panique dans les plus grandes économies mondiales, et dont les effets induits se manifesteront durablement dans les pays en développement.

Les solutions à la crise financière mondiale ne concernent pas uniquement les soucis de productivité et de profits, mais aussi les questions de démocratie, de solidarité et de justice sociale. Il faut transformer le gourdin capitaliste en levier démocratique et de juste répartition des richesses mondiales.

NOS IMPLICATIONS INTERNATIONALES SE MULTIPLIENT

Pour que la Burkina Faso et son Continent soient à ces rendez-vous mondiaux, cela compte avec un mouvement syndical fort, à la grandeur de l’Afrique. La CSB est engagée à y travailler. Car la première ligne de défense des droits et libertés, partout dans le monde, c’est le mouvement syndical. Sans mouvement syndical, il est illusoire de parler des droits des femmes, de la protection des enfants, de lutte contre la pauvreté, de démocratie politique, de progrès et de justice sociale. La qualité du syndicalisme dans un pays, est un véritable baromètre du niveau de la démocratie qui y règne.

Et ce n’est pas par goût de l’exotisme ou de l’aventure que les syndicats à travers le monde élargissent leur champ de bataille à la dimension de la planète. La coopération au développement syndical, ou la solidarité syndicale internationale, est maintenant bien comprise par toutes les organisations du Nord comme du Sud. Les plateformes de partages s’élargissent : de plus en plus nos syndicats s’impliquent dans des projets communs, des initiatives communautaires au Sud sont soutenues par le Nord, des projets éducatifs sont réalisés en synergie. La civilisation de la mondialisation passe par une alliance syndicale mondiale forte et agissante.

Les mises sont de taille sur les tables internationales et elles sont devenues incontournables. Les enjeux commandent que nous y exercions une présence tous azimuts. Les entreprises qui délocalisent vers le Sud pour y abuser de la faiblesse structurelle des Etats, créent le chômage et le désarroi au Nord. A l’heure actuelle, la libéralisation engendre plus d’inégalités encore entre les peuples, à travers tous les continents.

Ce combat contre les inégalités doit procéder d’une prise de conscience, ce qui impose que l’organisation des rapports sociaux, économiques et politiques au niveau mondial doit entrer dans une nouvelle ère. Il faut un nouvel ordre mondial.


NOUS NE SOMMES PAS SEULS



C’est avec l’ensemble des syndicats membres de la Confédération Syndicale Internationale et de la CSI/Afrique dont la CSB fait partie, que les réflexions s’approfondissent et que la lutte s’engage à l’échelle planétaire, particulièrement au Bureau International du Travail (BIT) ou se négocient entre employeurs, gouvernements et travailleurs les normes internationales du travail.

Est-ce que tout est si noir et sans espoir sur cette planète ? Non, si on sait être présent où il le faut, quand il le faut. A l’exemple des syndicalistes européens les syndicats africains devraient se battre pour obtenir des places dans toutes institutions sous régionales et régionales. Les syndicats africains doivent se faire reconnaître dans les processus d’intégration. Il est impératif que nous puissions faire reconnaitre notre capacité de participation à ces échanges qui affecteront notre travail et notre vie.


UN PRAGMATISME IMAGINATIF


Nous sommes heureusement loin, aujourd’hui, du débat théorique des années ‘70 sur le syndicalisme d’affaires en opposition au syndicalisme de combat. Deux concepts bien éthérés quand on vit dans le quotidien de la lutte pour l’amélioration de la condition ouvrière. On a également dépassé la période stérile durant laquelle on qualifiait la participation aux consultations et aux prises de décision de collaboration de classe, alors que l’abstention était une preuve de virginité syndicale. Mais ce n’est pas de cela dont je veux vous parler maintenant.

Notre choix d’une politique de présence ne veut pas dire qu’à la chaise vide, nous préférons la chaise longue ou le « lazy-boy » ! On ne va pas à toutes ces rencontres de concertation, simplement pour y poser nos fesses. Il s’agit de parler solutions. Nos interventions sont remarquées parce que nous nous faisons un point d’honneur d’arriver avec des solutions, pas des lamentations. Et qui dit solutions se doit forcément d’être pragmatique. Bien sur, nous aussi, nous rêvons du Grand Soir, d’une société juste et équitable, d’un monde idéal ou régneraient l’amour et la fraternité humaine. Malheureusement, le Grand Soir, c’est toujours pour le lendemain soir !


Nous l’avons répété souvent, et le répétons encore : petits ou grands, les changements n’arrivent pas à coups de baguette magique. Nous, ce que nous voulons, ce sont des changements maintenant, pas dans cent ans !


DES CHANGEMENTS... MAINTENANT!

Le pragmatisme, c’est d’aller au bout de ce que l’on peut changer maintenant, par notre propre action, en faisant des négociations et des compromis responsables et nécessaires pour arriver à nos objectifs. Et je puis vous dire que ce n’est pas toujours facile, et que parfois nous semblons bien seuls à défendre une position, à appuyer un projet ou à proposer une avenue inédite.


UNE CULTURE QUI NOUS EST PROPRE

Ca va ressembler un peu a un cours de base, mais il est important que ceux et celles qui arrivent à la CSB, ceux et celles qui seront à notre place demain, soient imprégnés de cette culture dont nous avons hérité d’une longue histoire de lutte pour le progrès social et l’émancipation ouvrière. La CSB est un curieux mélange de forces et de faiblesses, et un bien drôle de mécanique pour qui la regarde de l’extérieur. La CSB est composée de grands syndicats nés dans des grandes entreprises, du public comme du privé. La CSB a su accorder de la place à des associations et groupements du secteur de l’économie informelle. La CSB accorde beaucoup de place au débat contradictoire et à la construction du consensus quelque soit le temps que cela coûte. Les cinq rôles du syndicalisme restent la boussole de l’action syndicale au quotidien à la CSB :

  • l’exercice de la solidarité en réponse aux besoins sociaux courant des membres ;
  • la formation des membres pour faire promouvoir le discernement et la responsabilité ;
  • le travail normatif, pour mieux établir des référentiels socio-consensuels de l’action revendicative ;
  • la présence représentative dans les cercles de décisions et de formulation des projets socioéconomiques ;
  • la défense individuelle et collective des intérêts matériels et moraux des membres, pour garantir leurs droits et leurs espaces de liberté.



TOLERANCE ET RESPECT

Nous devons à notre histoire, et à ceux qui nous ont précédés, une grande et noble qualité : la tolérance et le respect des autres et de leurs différences. Aussi loin que l’on puisse remonter dans notre généalogie syndicale, les organisations souches de la CSB avaient banni, depuis toujours, l’exclusion fondée sur le sexe, la religion, ou la race.

La discrimination n’est peut-être pas aussi évidente aujourd’hui dans nos lieux de travail, mais des inégalités subsistent. Les jeunes veulent un vrai emploi, les femmes travailleuses de l’économie informelle sont dans une totale précarité et réclament un minimum de protection sociale, des populations défavorisées attendent un logement décent, l’accès à l’éducation et à la santé. Il y a encore beaucoup de travail à abattre. La réduction de cette fracture sociale est de la responsabilité des syndicats qui doivent imposer aux programmes économiques étatiques de prendre toutes les citoyennes et tous les citoyens en compte.


UN SYNDICALISME A GEOMETRIE VARIABLE

Encore beaucoup de travail à abattre ? Ce n’est pas peu dire. Nous en avons pour des années de luttes et de contribution socioéconomique. C’est pourquoi notre douzième congrès sortira avec un programme d’action ambitieux, parce que nous travaillons sur le court, le moyen et le long terme. Nous l’avons déjà dit, les transformations sociales sont lentes, il ne faut pas perdre le fil conducteur de nos idées et de nos acquis sociaux.

Nous allons continuer le chantier ouvert depuis le onzième congrès pour l’édification d’un syndicalisme nouveau, de troisième génération et à géométrie variable, pour nous adapter aux multiples et rapides évolutions du contexte socioéconomique. Nous allons maintenir le même engagement résolu dans la lutte contre l’exclusion et la pauvreté, ici comme ailleurs. Nous aurons à apporter notre part d’imagination dans la lutte mondiale pour la domestication du système financier international qui sacrifie nos humanismes.

A LA SORTIE DES PRESENTES ASSISES

Notre congrès adoptera des résolutions qui seront des leviers pour le travail syndical futur. Notre thème situe déjà nos priorités futures : « Quelle responsabilité syndicale face à un avenir caractérisé par de multiples incertitudes pour les travailleuses et les travailleurs ? ».

La CSB prendra des responsabilités, à l’issue de ce congrès, pour :

  1. renforcer la participation des travailleurs et travailleuses aux prises de décisions ; 
  2. œuvrer en faveur d’une institutionnalisation et d’une valorisation de la fonction syndicale ;
  3. promouvoir le recrutement, le renforcement structurel et de l’expertise syndicale, les capacités organisationnelles dans le SEI, l’autonomie financière, les capacités d’initiative sociale, de synergies et de regroupements stratégiques…).


Ce XIIème congrès donnera mandat à une nouvelle équipe pour ouvrir ces chantiers du futur pour la CSB. Alors chers camarades solennellement, je déclare me retirer du secrétariat général pour permettre l’alternance. Je souhaite que le bon discernement et l’intérêt supérieur de notre confédération guident les délibérations au cours de nos travaux.


C’est le lieu de remercier vivement tous les membres du Bureau National Confédéral sortants. Nous avons été une équipe magnifique, malgré nos limites et toutes les difficultés traversées. Nos actions ont été déterminantes pour que la CSB atteigne le niveau de développement qui lui est reconnu aujourd’hui. Le chantier syndical est un champ perpétuel de la contradiction des idées et de la culture du consensus. Pardonnons-nous mutuellement de nos actes manques, des frustrations et des torts créés aux uns et autres à l’occasion de l’exercice du mandat que nous sommes en train de clôturer ici officiellement. Pour ma part je vous dis merci à toutes et à tous. Où que nous soyons demain, que notre zèle pour le bien collectif ne nous quitte jamais.


Avant de clore notre propos nous voudrions dire merci à toutes les bonnes volontés qui nous ont aidés matériellement, financièrement et techniquement dans l’organisation du présent Congrès.


Nos remerciements vont particulièrement à l’endroit de Monsieur le Ministre de la Fonction Publique, du Travail et de la Sécurité Sociale qui, au delà de ses soutiens multiformes, a tenu à être personnellement présent à la présente cérémonie. Cela révèle encore votre engagement à faire du dialogue social un levier déterminant dans la cohésion sociale et la construction nationale. Merci Monsieur le Ministre.


Nous disons également Merci au représentant de MSI. Vous êtes aujourd’hui un partenaire syndical qui a permis à la CSB d’avancer de manière considérable dans la réalisation de son projet de développement syndical, à travers des projets participatifs en accord avec les besoins de nos membres. Votre présence ici témoigne une fois de plus de l’importance que vous accordez à vos partenaires du Sud. Mais aussi et surtout votre préoccupation d’être témoin de leur dynamisme et de la force de la démocratie syndicale en leur sein. Merci de votre présence.

Merci camarades secrétaires généraux venus de vos pays respectifs pour nous soutenir. Cela est une manifestation de la solidarité syndicale africaine et nous mesurons la réelle portée de votre présence parmi nous, dans ces moments importants dans la vie de nos organisations. Merci à vous.


Nous disons merci à la CSI et CSI/Afrique pour sa contribution et nous demandons au camarade ALIHONOU Zingan de transmettre au camarade secrétaire général toute notre reconnaissance.


Merci aux institutions partenaires nationales qui nous ont apporté des aides de tous genres.


A vous camarades Congressistes nous souhaitons de très bonnes assises. Que nos réflexions à l’occasion de ce Congrès redonnent les énergies et la vision nécessaires à la CSB pour renforcer ces capacités à répondre fidèlement aux sollicitations de ses membres en particulier, et du monde du travail en général.

Vive la CSB !
Vive l’Unité d’Action Syndicale Burkinabé !
Vive la solidarité syndicale internationale !


JE VOUS REMERCIE POUR VOTRE AIMABLE ECOUTE! 


Jean Mathias LILIOU, Secrétaire Général



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