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Immigration Sud-Sud : Clandestins ouest-africains indésirables au Gabon

Confronté ces dernières années à la crise économique et au chômage, le Gabon n’accueille plus à bras ouverts les immigrés ouest-africains. Des clandestins sont ainsi régulièrement refoulés de ce pays. D’autres se noient avant d’arriver à destination où s’y prostituent pour gagner une vie qu’ils s’imaginaient meilleure qu’au Burkina où au Bénin>>>

09-09-2009

De l’argent, du courage et beaucoup de chance. C’est le minimum de ce qu’il faut aux jeunes ouest-africains en mal d’expatriation pour se retrouver au Gabon, l’une des principales destinations de l’immigration clandestine sud-sud. « Le mythe du Gabon comme un eldorado africain est resté jusqu’aujourd’hui dans l’esprit des Africains de l’Ouest, car rentrés chez eux, ils présentent des signes extérieures de richesse en bâtissant des immeubles ou en devenant chefs d’entreprise », analyse Yannick Ongoudja, économiste et inspecteur des impôts à Libreville.

Pays pétrolier avec un Pib par habitant environ cinq fois supérieur à celui du Burkina, le Gabon à un niveau de salaire dix fois plus élevé que la plupart de ses voisins. « Un veilleur de nuit gagne 15 000FCFA (23 Euros) chez nous contre 130 000FCFA (198 Euros) ici, compare Abou, immigré clandestin burkinabé de 32 ans.

« Je suis parti du Burkina en bus. J’ai payé 12 500FCFA (19 Euros) jusqu’ à Cotonou au Bénin où j’ai rejoint d’autres candidats au départ. Chacun a remis 245 000FCFA (373 Euros) à un passeur qui dans la nuit, nous a mis dans un bateau à destination de Libreville (situé à environ 1200 km par mer, Ndlr) », témoigne Aboubakar un Burkinabé arrivé il y a cinq mois.

Une fois versé l’argent n’est jamais remboursé. De nombreux escrocs perçoivent leur butin sans faire voyager leurs clients, invoquant des raisons qui ne dépendent pas d’eux. « Vous ne pouvez vous plaindre nulle part, l’activité est illégale », constate Aboubakar. Par mer le voyage dure cinq jours et six nuits. A l’arrivée le capitaine du bateau soudoie la police du port pour qu’elle laisse passer les « dos mouillés » entendez les sans papiers.

D’autres arrivent par la route en prenant les transports en commun d’un pays à l’autre. « Je suis parti par du Burkina au Togo, puis au Bénin, au Nigéria puis au Cameroun. Cela m’a coûté 68 500FCFA (104 Euros) » confie encore Abou. Au Cameroun le passeur qui l’attendait l’a mis dans un car pour Libreville avec d’autres jeunes venus des pays de la sous région pour 130 000 FCFA (près de 200 Euros) chacun, bakchich de la police des frontières compris.

Une fois à destination explique-t-il « chacun se fond dans la nature et commence à se débrouiller en exerçant de petits métiers ». Les garçons sont cordonniers, tailleurs ambulants, fumeurs de poissons, serveurs, veilleurs de nuit, etc. les filles, elles deviennent domestiques où se prostituent.

Noyés ou expulsés

Régulièrement le voyage tourne au drame : 25 morts dans un naufrage fin juin 2008, plus d’une centaine en mars 2006, 44 en juin 2005… Mais les candidats à l’émigration clandestine ne semblent pas pour autant découragés. « Nous prenons tous des risques car nous cherchons une vie meilleure. Chez nous il est quasiment impossible de nous en sortir », justifie Aboubakar.

La plupart de ces migrants viennent du Burkina, du Bénin, du Togo ; du Mali, du Niger, du Nigéria et même du Cameroun. Au Gabon, la première vague d’immigration qui date des années 1970 était légale encouragée par l’Etat en manque de bras pour les nombreux chantiers de construction des infrastructures, financées par les revenus pétroliers.

Depuis la crise économique des années 1980, les Gabonais subissent eux aussi le chômage estimé à plus de 20% en 2006 contre ... 0% dans les années fastes. Du coup, la main d’œuvre étrangère n’est plus la bienvenue. Il ya une dizaine d’années le gouvernement a commencé à appliquer des mesures contre l’immigration illégale : visa d’entrée exigé de tous les Africains malgré le principe de libre circulation des personnes en Afrique centrale, création d’une brigade nautique de gendarmerie pour le contrôle des frontières maritimes, expulsions massives de clandestins, refoulement aux frontières de sans papiers…

Ainsi 400 immigrés ouest africains illégaux interpellés dans le nord du pays ont été refoulés en novembre dernier. Malgré ces actons, selon le programme des Nations Unies pour le Développement (Pnud), le Gabon compte 400 000 immigrants clandestins sur 1 500 000 habitants. Presque le quart de sa population ! « Cela pose le problème de fuite des recettes fiscales, car la majorité de ces Africains travaillent dans l’informel. La grande partie des revenus générés au Gabon est rapatriée et enrichit les pays d’origine » regrette Yannick Ongoudja.


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