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M. Béodjimeul Gossianlaou

Ce que nous croyons

Les difficultés de la Poste Tchadienne.
12-09-2008

CE QUE NOUS CROYONS...

La Société Tchadienne des Postes et de l’Epargne (STPE), entreprise parapublique, créée en juin 2000, suite à la restructuration du secteur des Postes et Télécommunications, éprouve de grandes difficultés pour sa survie et son épanouissement.

Les études de faisabilité et de rentabilité effectuées par un cabinet de renommée internationale, CRC – SOGEMA, démontrent à suffisance que la mise en place de la Nouvelle Société des Postes est subordonnée aux mesures d’accompagnement suivantes : une subvention de 1,2 milliard de francs CFA pour couvrir les avoirs déposés au Centre des Chèques Postaux de N’Djaména par les clients (cette somme utilisée par le Gouvernement pour l’achat des équipements des télécommunications) ;

Une somme de 900 millions de francs CFA pour servir de fonds de roulement ;

Une autre subvention de 6 milliards de francs CFA pour la création de la Caisse d’Epargne Postale (CEP) et le développement du service universel de la Poste ;

Une compression de 60 % de l’effectif des agents en service à la STPE ;

Une subvention de 600 millions de francs CFA en vue de désintéresser les agents victimes de la dite compression ; etc.

Sur ces mesures d’accompagnement, seule la compression du personnel a été effective.

Par contre, les subventions qui doivent être prises en charge par la Banque Mondiale à hauteur donc de 8,7 milliards de francs CFA n’ont pas été au rendez-vous. Pourtant la Banque Mondiale s’est solennellement engagée à accompagner le processus de restructuration jusqu’à son terme.

Puisque six mois seulement après la mise en chantier de la STPE, la Banque Mondiale s’est désengagés du processus, estimant que le Gouvernement Tchadien a violé certaines clauses de la LOI sur l’attribution des licences des opérateurs de téléphonie mobile.

C’est ainsi que, dans la bataille opposant le Gouvernement Tchadien à la Banque Mondiale, la STPE a pris coup fatal. Les subventions promises par la BM sont suspendues. La galère est entrée par la grande porte dans la nouvelle société.

Face à ce lock-out du Gouvernement Tchadien, le Synapostel a appelé en 2002 ses militants exerçant à la STPE d’observer un arrêt de travail qui a duré six (06) mois.

Dans les négociations entre le Gouvernement et le SYNAPOSTEL, des promesses alléchantes et non tenues ont été faites pour la reprise du travail à la Poste.

Pour maintenir la STPE sous perfusion en attendant une mort lente, le Gouvernement qui possède pourtant des moyens suffisant issus de la manne pétrolière, trouve mieux de chercher les subventions dans le secteur.

C’est ainsi que la SOTEL TCHAD et l’OTRT qui, en dépit de leurs difficultés liées également à la restructuration, ont été obligées à verser des petites subventions à la STPE pour lui permettre de payer le salaire des postiers. A remarquer que ces subventions n’arrangent pas du tout la situation pourrissante de la STPE. Pire encore, certains responsables zélés de ces entités donatrices refusent de verser leurs quotes-parts de subventions à la STPE, pendant que la gestion calamiteuse s’instaure à la Poste.

Les Ministres chargés du secteur qui se sont succédés n’ont pas réussi à sortir la STPE du bourbier. Le Conseil d’Administration de la STPE quant à lui excelle par sa léthargie, pendant que les DG véreux se gavent des petites recettes de la Société.

Les séminaires et ateliers sur la STPE se sont soldés par des recommandations claires : « des subventions conséquentes pour la STPE en vue d’assurer sa survie et son développement ».

Pour notre part, au SYNAPOSTEL, nous disons à qui veut nous entendre que sans les mesures d’accompagnement édictées par le cabinet CRC SOGEMA, la STPE est appelée à  mourir  d’une mort lente et avec elle, les travailleurs et leurs familles.

Les deux ailes de la Poste (le Centre des Chèques Postaux et la Caisse d’Epargne Postale) sont cassées, et il serait ridicule et absurde de lui demander de décoller et de prendre son envol ; à moins qu’un miracle puisse se produire.

Personne n’a besoin d’être diplômé des Hautes Etudes Commerciales pour comprendre ce principe connu de tout le monde.

Un nouveau Ministre vient d’être nommé à la tête de ce département à problème. Attendons de le voir… au pied…. du mur !

BEODJIMEUL Gossianlaou

Président de SYNAPOSTEL


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