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Date: 17-07-2008 - URL: http://www.africaefuture.org/html/189.html

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SYNDICALISTE EN DANGER

Communication Relative à l’Arrestation du Comité SYNCASS BANDUDNDU

la crise au Bandundu est allé jusqu'au dédoublement du comité provincial du SYNCASS, avec la bénédiction du Médecin Inspecteur provincial représentant de l’Etat –Employeur. Ce qui constitue une violation grave des libertés et droits syndicaux à charge de ce dernier. 
17-07-2008
Excellences, Chers Amis, Chers Camarades,
En ma qualité de Secrétaire Général du Syndicat National des Cadres, Agents et Employés des Secteurs des Services, SYNCASS et de Président du Conseil Syndical des Services Publics, COSSEP, j'ai le pénible devoir de porter à votre connaissance que le SYNCASS a été décapité de ses dirigeants dans la province de Bandundu (BDD) sur ordre express du Gouverneur de cette province, le Dr. Richard NDAMBU.

En effet, les trois principaux dirigeants du SYNCASS de la province de BDD, ont été jetés au cachot du Parquet de Bandundu ce lundi 14 juillet 2008 à 15hOO au moyen d'un billet d'écrou portant mentions «détournement des deniers privés ». Il s'agit des camarades Simon MAMBU, ILWA NKIERI et Blanchard SUKAMI, respectivement, Secrétaire Exécutif Provincial, Secrétaire Exécutif provincial Adjoint et Trésorier provincial. Cette décision a été prise à l'issue de deux journées marathon d'interrogatoire conduit personnellement par le Gouverneur ad intérim, Monsieur KINANGA, Ministre provincial en charge de l'information, assisté de son collègue Coco PEMBE, en charge de l'environnement.

A l'origine immédiate de la crise, une rancœur vis-à-vis du SYNCASS de la part d'un syndicat concurrent et la volonté du Médecin Inspecteur Provincial de gérer la paie de la prime de risque. Il s'agit de la réclamation de partage des retenues syndicales que le SYNCASS avait réussi à obtenir comme résultat des revendications qu'il a conduites en faveur des personnels de santé non médecins de la RDC. En effet, au terme d'une longue démarche parsemée des crises entre le Gouvernement et les syndicats de la santé, en particulier SYNCASS et SOLSICO, ces personnels publics bénéficient, depuis Décembre 2007, de la prime de risque, à l’instar des médecins, depuis octobre 2004.

Concrètement, c’est le nommé MARCO OKAN représentant de l'Etat- Employeur), mène une fronde contre le SYNCASS à Bandundu - ville. Pourtant, l'UNTC/FNPS n'a pu justifié de son implantation dans les services publics de santé par un registre des membres comme tel est le cas de la part du SYNCASS. De même, l'UNTC/FNPS veut jouir du fruit des efforts du SYNCASS alors qu'elle n'a pas été, au préalable, partie prenante à la revendication ni au protocole d'accord signé le 12 janvier 2007 entre le gouvernement et les syndicats de la santé.

Cependant, le soubassement véritable du contentieux réside dans la rivalité entre groupes professionnels de la santé, en particulier, entre médecins, occupant tous les postes de direction du système de santé congolais, et non médecins exclus d'accès à ces emplois malgré leurs qualifications. Cet état des choses alimente et explique la plupart des conflits ouverts ou latents dans le secteur de la santé où l'hégémonie féodale d'une seule catégorie professionnelle sur toutes les autres ainsi que sur toutes les structures sanitaires est de plus en plus remise en cause depuis que l'ISTM a commencé à produire ses propres licenciés. Et, dans le cas d'espèce, c'est depuis décembre 2007, que plusieurs tentatives de déstabilisation du SYNCASS était observée dans presque toutes les provinces dès lors que ce dernier a commencé à organiser la paie de la prime de risque du personnel de santé non médecins, à l'instar du Syndicat National des Médecins, SYNAMED qui le fait pour ceux-ci.

En effet, des crises ont éclaté à Kisangani, province Orientale, à Lubumbashi, province du Katanga, à Mbuji -Mayi, province du Kasaï Oriental, à Kananga, province du Kasaï Occidental, à Mbandaka, province de l'Équateur. A quelques exceptions près, partout, la main des représentants de l'Etat Employeur était toujours perceptible. Mais, en dépit de leurs magnitudes, aucune de ces crises n'a atteint le niveau d'arrestation des dirigeants syndicaux comme tel est le cas dans la province de Bandundu. Pire, la crise au Bandundu est allé jusqu'au dédoublement du comité provincial du SYNCASS, avec la bénédiction du Médecin Inspecteur provincial représentant de l’Etat –Employeur. Ce qui constitue une violation grave des libertés et droits syndicaux à charge de ce dernier.

En clair, ce développement unique à la province de Bandundu n’est pas étranger au contentieux entre professionnels de santé, voire entre personnes, et, l’enjeu, pour les commanditaires du conflit, c'est de faire main basse sur l'argent des primes des personnels de santé et d'empêcher le SYNCASS de continuer à assurer, à l'instar du SYNAMED, la pale de ces primes. Il convient de noter que l'ordre de poursuite et d'arrestation du Comité SYNCASS Bandundu a été donné par le Gouverneur de province lui-même qui est médecin. Par ailleurs, il est de notoriété publique que le Dr Richard NDAMBU, actuel gouverneur de province mais ancien Médecin Inspecteur provincial et le Camarade Simon MAMBU, Infirmier Coordonnateur des Écoles d'enseignement des soins de santé de la province et représentant du SYNCASS, ont été de grands amis avant de devenir des ennemis publics jurés.

Auparavant, le; Dr NDAMBU, alors Médecin Inspecteur Provincial, avait même fait mettre en prison pendant une semaine son collaborateur Simon MAMBU. La présente arrestation qui est la deuxième peut difficilement s'écarter d'un règlement des comptes entre anciens amis devenus ennemis. Car, le motif mentionné sur le billet d' écrou des trois camarades, à savoir, « détournement de deniers privés » justifie difficilement l'acharnement de l'autorité provinciale sur les dirigeants du SYNCASS contre qui, aucune plainte d'un privé n'a été présenté aux incriminés lors de la confrontation qui a précédé l'arrestation.

De ce qui précède, j'interpelle Monsieur le Gouverneur de la province de Bandundu à qui je demande de ne pas abuser ni de son pouvoir ni de sa position pour régler des comptes personnels à un partenaire social ou à un agent public. Je lui demande, surtout, de reconnaître, malgré la haute position hiérarchique qu'il occupe sur l'échiquier provincial', les relations de partenariat qui doit exister entre lui, haut représentant de l'État, et les Comités provinciaux des syndicats, dont le SYNCASS. Cette position doit constituer une sécurité et une garantie pour tous et non une épée destinée à mettre les partenaires à genou dans le but de leur ôter tout moyen de défense comme tel est le cas maintenant pour le Comité SYNCASS Bandundu. Par ailleurs, je sollicite l'intervention rapide des autorités nationales compétentes, en l'occurrence, le Ministre d'État en charge de l'intérieur, Décentralisation et Sécurité, le Ministre de la Fonction publique, celui de la cette crise pour mettre fin à la discrimination en matière d'accès aux emplois de direction sur lequel est fondé le système de santé congolais, tel que le stipule le protocole d'accord du 12 janvier 2007 signé entre le Gouvernement de la RDC et les syndicats de la santé. En tout état de cause, l'inaction du gouvernement dans cette matière ainsi que cette crise provoquée par des personnes appartenant à une même profession et qui profitent de leur position politique ne va pas demeurer sans riposte appropriée de la part du SYNCASS.