Ils ne seront pas punis
pour cause d’avoir été induits en erreur par leur commandant qui, lui, est
resté auprès des Fdlr. *L’opinion estime que pardonner, c’est bien, mais le
mieux à faire serait d’envoyer ces soldats ailleurs en Rdc afin de ne pas les soumettre
à la tentation de trahison.......
Ils ne seront pas punis
pour cause d’avoir été induits en erreur par leur commandant qui, lui, est
resté auprès des Fdlr. *L’opinion estime que pardonner, c’est bien, mais le
mieux à faire serait d’envoyer ces soldats ailleurs en Rdc afin de ne pas les soumettre
à la tentation de trahison. *250 de ces soldats ont participé physiquement à la
cérémonie officielle de leur intégration au sein du 211ème bataillon qui a eu
lieu à Mihambwe, à 50 kilomètres de Goma.
Ce qui se passe à l’Est
de la Rdc est tout simplement surréaliste. Quelques soldats des Fardc avaient
déserté les rangs de l’armée nationale. L’affaire avait fait grand bruit. Il
faut dire dans le contexte où une sale campagne de dénigrement des Fardc était
menée par certaines Ong, cette affaire n’avait pas rehaussé l’image de marque
de l’armée nationale congolaise. Selon la Radio Okapi, près de 350 hommes du
211e bataillon militaire du Nord-Kivu, qui avaient déserté les Fardc le 6
décembre 2009, sont rentrés au bercail. La cérémonie de leur accueil, selon la
même source, avait eu lieu « le mardi 16 février à Bihambwe, à une
cinquantaine de kilomètres au nord-ouest de Goma, dans le territoire de Masisi.
C’était au cours d’une cérémonie officielle dirigée par le colonel Chuma
Balumisa, commandant de cet axe ».
Ils avaient copiné avec
les Fdlr
Ces soldats non seulement ils
avaient quitté leur unité sur la pointe de pied, mais aussi, ils sont allés
rejoindre les Fdlr dans la jungle dans le territoire de Masisi. Ils sont partis
sur ordre de leur commandant, le colonel Emmanuel Sengiyumva. Deux mois et dix
jours après, ils ont décidé de revenir aux Fardc. Ils ont effectivement été
accueillis au sein du 211e bataillon de Fardc. Selon la même source, « Ces
militaires, dont plusieurs officiers, se sont rendus le dimanche 14 février,
après s’être désolidarisés du colonel Sengiyumva et des FDLR dans le secteur de
Walikale ».
La même source poursuit en disant
que cette « reddition a été rendue possible grâce aux opérations
militaires menées contre les rebelles rwandais dans la région de Walikale ainsi
qu’à la sensibilisation », avait déclaré le major Kazarama de la cellule
de communication des opérations Amani Leo. Il nous revient que lors de la
cérémonie officielle de leur réintégration, « au moins 250 éléments, parmi
ceux qui se sont rendus, étaient physiquement présents lors de la cérémonie
officielle à Bihambwe ». Mihambwe, à ne pas confondre avec Minembwe, est
une localité de la province du Nord-Kivu, territoire de Masisi, est située à
plus de 50 kilomètres au nord-ouest de Goma. Quant aux cents autres qui
manquaient à l’appel, la même source indique qu’ils étaient restés dans des
unités des Fardc sur place à Mihambwe.
Pas de sanctions pour les
enfants prodigues
Citant le major Vianney Kazarama,
notre source signale qu’ « aucune sanction ne sera infligée à ces
militaires ». Et la hiérarchie explique cette clémence par le fait que
« Leur retrait (des Fardc) avait été orchestré par leur commandant ».
Ce commandant, le colonel Sengiyumva, n’a pas rejoint les Fardc avec les 350
enfants prodigues. Il est resté auprès des Fdlr avec à ses côtés quelques
autres soldats Fardc. On sait cette fois avec précisions qu’ils sont dans le
secteur de Ntoto, dans le territoire de Walikale.
A cette occasion, signale notre
source, « plusieurs cadeaux ont été remis par la cellule de communication
aux autorités militaires et administratives de la place, au nom de l’état-major
général des Fardc ». Dans l’Est de la Rdc, après avoir mis fin à la guerre
du Cndp de la manière que l’on sait, le gouvernement Muzito recourt à la
persuasion pour que les Fdlr acceptent de se faire rapatrier volontairement.
C’est dans ce cadre, estime-t-on, que « Le gouvernement central a, par
ailleurs, lancé au début du mois un ultimatum de 45 jours aux groupes armés
résiduels ».
A ce jour, signale-on, « Au
moins 3 000 éléments des groupes armés résiduels sont concernés par le
processus d’intégration et de réinsertion qui doit durer, à dater du lancement
de cet ultimatum …, un mois et demi. Des équipes conjointes d’identification
composées des membres de la Structure militaire d’intégration (SMI), ceux du
DDR, du PNUD ainsi que des responsables militaires locaux sont à pied d’œuvre
pour recevoir les éléments des groupes intéressés ».
Un problème récurrent
L’intégration des membres des
groupes armés est perçue non sans raison comme une prime à la guerre. Le
problème est davantage grave si même des soldats peuvent se décider de
rejoindre les Fdlr qu’ils sont censés combattre. Pour des raisons évoquées plus
loin, ils ne peuvent être sanctionnés conformément à la discipline militaire.
Tant il ne sera pas question de respecter les lois du pays en comptant sur le
pardon et la prime à l’indiscipline, on tournera en rond.
L’opinion se pose également la
question de savoir si l’ on ne peut pas envoyer ces soldats ailleurs sur le
territoire congolais. Les laisser dans la zone où ils ont fait la rébellion et
où ils ont tissé des amitiés avec les ennemis de la République, les prédispose
à la trahison. On ne sait pas quelles relations continueront-ils à entretenir
avec les Fdlr. Ne vont-ils pas continuer à collaborer d’une manière ou d’une
autre ? Leur commandant resté auprès des Fdlr ne va-t-il pas chercher à
tirer bénéfice de leur réintégration en vue de recevoir des
renseignements ? Il y a beaucoup de questions qui hantent l’esprit des
Congolais qui, au lieu de se réjouir de cette réintégration, craignent plutôt
que les mêmes causes produisent demain les mêmes effets.