Situation en RDC. Plus de 86 000 déplacés au nord du Congo-Brazzaville
L'ampleur
de la situation des déplacés de la République démocratique du Congo (RDC) au
nord de la République du Congo a été au centre de la visite le week-end
dernier, du ministre de l'Intérieur et de la décentralisation, Raymond Mboulou.
22-01-2010 Avant d'aller visiter les victimes à l'hôpital des pionniers d'Impfondo, tenu par les missionnaires américains, le ministre de l'Intérieur et de la décentralisation, s'est entretenu avec les autorités administratives et militaires de la Likouala. Celles-ci ont présenté le danger de la situation dû au fait que le nombre des déplacés dépasse celui de la population originaire.
Elles ont même déjà signalé une pénurie alimentaire dans le département.
Face aux difficultés d'approvisionnement en vivres, les autorités du département ont estimé que l'assistance du Haut-commissariat aux réfugiés (HCR) devrait concerner les déplacés et la population locale, surtout sur le plan alimentaire. A l'hôpital, Raymond Mboulou a été ému de l'état de nombreuses victimes qui ont perdu leurs membres supérieurs pour certains et des membres inférieurs pour d'autres. Au nom du président de la République, le ministre a remis une enveloppe pour subvenir aux besoins des malades. Pour les médecins américains et les malades qui ont loué l'hospitalité des autorités congolaises, ce geste est d'une importance capitale.
Après Impfondo, le ministre et sa délégation se sont rendus successivement dans les districts de Dongou et Bétou où ils ont visité les différents sites des déplacés. Avec une population de moins de 20 000 habitants, Dongou a accueilli plus de 12 000 déplacés, un chiffre qui inquiète les populations et les autorités locales, surtout dans le cadre de la cohabitation entre les réfugiés et celles-ci.
A Bétou, la situation est plus inquiétante : la population locale est de 45 000 habitants, tandis que les déplacés sont chiffrés à plus de 54 000. Dans les sites des déplacés de Dongou et de Bétou, le ministre a appelé à la discipline et à l'observation des lois et règlements du pays hôte. « C'est dans la quiétude que les solutions à ce problème seront trouvées » a-t-il souligné. Pour leur part, les déplacés ont demandé l'éclatement des sites des déplacés en vue de résoudre le problème du logement et de l'alimentation. Ils ont également évoqué le problème de la scolarisation des enfants qui ont l'âge d'aller à l'école.
Dans sa réponse, le ministre de l'Intérieur les a assurés de la détermination du gouvernement de la République du Congo et des organismes du système des Nations unies à apporter les solutions qui conviennent. A cette occasion, le chef du bureau HCR d'Impfondo, Ben Boubacar Diallo, a déclaré que le HCR et les autres institutions du système des Nations unies étaient en train de se déployer pour assister ces déplacés sur tous les plans : alimentaire, médical, etc.
A l'endroit des autorités de la RDC, les réfugiés ont imploré la prise en main de la situation, afin que le peuple retrouve sa paix habituelle.
Le tableau des déplacés dans le département de la Likouala par district se présentait à la date du 9 décembre dernier de la manière suivante :
Bétou : 50 669 déplacés ; Dongou : 11 189 déplacés ; Enyellé : 903 déplacés ; Impfondo : 13 835 déplacés ; Liranga : 2 370 déplacés.
Willy Mbossa
Ce conflit, au départ inter ethnique, opposait les Egniétés de Tanda et les Moundzaya en RDC autour des terres cultivables et des étangs. Aujourd'hui, il a pris d'autres tournures et a entraîné l'utilisation d'armes blanches et d'armes de guerre. Ce qui a occasionné des déplacements massifs de populations et l'on compte à ce jour, 86 263 déplacés vers la République du Congo où ils ont trouvé refuge.