Cadre des assurances de profession, Soumane Touré, actuel Président du
Parti Africain de l'Indépendance (PAI) et Député à l'Assemblée nationale du
Burkina Faso, fut aussi un grand leader syndical de notre pays.
Il fut élève au lycée Ouezzin Coulibaly de Bobo-Dioulasso où déjà, il fut acquis aux idées révolutionnaires. Il se définit comme un héritier spirituel d'Amirou Thiombiano, un des grands fondateur du PAI en août 1963.
Après la
licence en droit obtenue à l'Université de Dakar, Soumane Touré choisit de se
spécialiser en assurances en France, d'où il rentre au pays avec l'auréole de
premier cadre en assurances de Haute-Volta.
Il est engagé en août 1974 en qualité d'inspecteur technique à la Société Nationale d'Assurances et de Réassurances (SONAR) où il va passer toute sa carrière professionnelle, tout en rejettant à plusieurs reprises les propositions de nomination à la tête de la société. Il est mis à la retraite anticipée en l'an 2000.
Mais la vie de Soumane Touré est beaucoup plus rythmée par l'activité politico-syndicale sur laquelle repose surtout sa notoriété.
En milieu
estudiantin déjà, Soumane Touré était un leader syndical de premier rang. Grand
tribun qui savait s'adresser aux foules, il fut le rapporteur de l'historique
congrès de l'Union Générale des Etudiants Voltaïques (UGEV) aujourd'hui UGEB
tenu à Ouagadougou en 1971 qui a, en son temps préconisé la réorientation du
mouvement étudiant voltaïque.
En milieu professionnel, Soumane Touré, Secrétaire Général de la Fédération Syndicale des Banques, Assurances, Commerce et Industrie (FESBACI) fut à partir de 1976 Secrétaire Général de la Confédération Syndicale Voltaïque (CSV) aujourd'hui Confédération Syndicale Burkinabé (CSB) et ce, jusqu'à son éviction de la tête de cette centrale sous le Conseil National de la Révolution en 1984.
Au plan politique, Soumane Touré fut l'un des dirigeants de la Ligue Patriotique pour le Développement (LIPAD), mouvement patriotique de masse créé sous l'égide du PAI au temps où il évoluait dans la clandestinité et qui va contribuer à la destabilisation des gouvernements de la 3ème république. En raison de la violence de ses propos syndicaux et politiques, Soumane Touré dut souvent se réfugier dans la clandestinité pour échapper à la répression. Il connut la prison pendant la révolution du 4 août 1983.
Aux élections législatives de mai 2002, le PAI, devenu officiel obtint cinq sièges à l'Assemblée Nationale. Soumane Touré élu, est membre de la Commission des Finances et du Budget (COMFIB). Son parti qui est membre du Groupe Parlementaire "Convention des Forces Républicaines" (CFR) signe avec le parti majoritaire, le CDP d'une part un accord parlementaire faisant de ses élus des membres de la majorité parlementaire, et d'autre part, un accord gouvernemental accordant à son parti deux portefeuilles gouvernementales dans le deuxième gouvernement de Paramaga Ernest Yonli. Mais le 15 août 2005 le PAI investit Soumane Touré à l'élection présidentielle du 13 novembre 2005. Cette investiture entraina la rupture des alliances et donc le départ des deux ministres du PAI du Gouvernement.