Face au refus du gouvernement de dialoguer autour de la Taxe de
développement communal (TDC), et le contrôle insidieux de cette taxe par
certaines communes, la Coordination de la Coalition nationale de lutte
contre la vie chère (CCVC), a décidé d’organiser un meeting de
protestation et de préparation de luttes plus incisives le samedi 7 août
2010 à la Bourse du travail. Le conférencier, Tolé Sagnon, a d’abord
fait un bref rappel sur la TDC dont il dira qu’elle est une disposition
de la loi de finances, gestion 2008, mais dont la mise en application
n’a pu voir le jour pour des raisons bien connues. Pour refuser de
satisfaire la revendication des organisations syndicales, notamment la
suppression de la TVA sur les prêts bancaires et la suspension de
l’application des vignettes, le gouvernement, à l’occasion de la
rencontre annuelle avec les syndicats de décembre 2009 à janvier 2010,
avait dans ses explications, a-t-il dit, montré lui-même le lien entre
la taxe sur les produits pétroliers (TPP) et la TDC.
"Le gouvernement renie ses propres propos"
Un mois plus tard il reniera, a-t-il déploré, ses propres propos en
évoquant une incompréhension de la part des syndicats. C’est ainsi qu’à
l’appel de la composante syndicale les 24 février, 31 mars et le 1er
avril 2010, les citoyens ont répondu aux différents mots d’ordre pour
exprimer leur rejet des impôts et taxes "injustes" dont la TDC. M.
Sagnon a confié que la coalition a adressé au Premier ministre une
correspondance le 9 avril, dans laquelle elle soumettait au gouvernement
un ensemble de propositions prenant en compte d’une part, le rejet
manifeste des citoyens de subir une double imposition et d’autre part,
le souci du gouvernement de doter les communes de ressources pouvant les
aider à promouvoir leur développement.
Le silence gouvernemental
A ce jour, (NDLR 2 août 2010), le Premier ministre, malgré ses discours
répétés sur la promotion du dialogue social, à indiqué Tolé Sagnon, n’a
répondu ni à ladite correspondance, ni à la disponibilité des
responsables de la CCVC plusieurs fois exprimée pour des échanges
directs avec le gouvernement sur le sujet. Le président de la CCVC a
relevé que le 1er mai 2010, les organisations syndicales réinscrivaient
en toute logique dans leur cahier de doléances, la revendication portant
sur la "suppression des impôts et taxes injustes qui frappent les
couches populaires (IUTS, taxe de résidence, TVA sur les prêts bancaires
...) et la suppression de la TDC." Devant le silence "méprisant" du
gouvernement et les tentatives d’application de la TDC par la police
dans de nombreuses localités, des composantes de la Coalition ont réagi
diversement. Le 31 mai, la coordination nationale de la CCVC, a-t-il
affirmé, a publié un appel à la vigilance et les populations ont, çà et
là, opposé une résistance comme à Tiébélé, Ouahigouya, Koudougou etc.
Cette situation perdurant, la coalition, a laissé entendre son
président, réaffirme son refus de la TDC, dénonce le mépris qu’affiche
le gouvernement vis-à-vis d’organisations responsables, qui ont fait la
preuve sur le terrain de leur représentativité à travers de grandes
mobilisations pacifiques en 2010 et exige des autorités l’arrêt des
tracasseries policières exercées sur les citoyens à travers l’exigence
de paiement de la TDC. La coalition appelle les populations du Kadiogo
et des environs à un meeting de protestation, de mobilisation et de
préparation de luttes plus incisives, le samedi 7 août 2010 à la Bourse
du travail à 8 heures, meeting au cours duquel elle va prendre langue
avec les citoyens sur le refus du dialogue du gouvernement et son
obstination à imposer la TDC.
Répondant aux questions des journalistes, le président de la CCVC, a
confié que quitus sera donné aux démembrements de la CCVC afin qu’ils
entreprennent des actions contre l’application de la TDC. S’agissant des
gens qui ont déjà payé cette taxe, le président de la CCVC dit les
comprendre car certains ont payé parce qu’ils étaient face à des
situations qui les obligeaient à le faire. Les responsables de la CCVC
ont confié qu’ils vont exiger la restitution des cartes grises que les
policiers ont retirée, au cours des contrôles de la TDC. Les zones
interdites aux manifestants baptisées "zones rouges" par le maire Simon
Compaoré, ne vont pas demeurer éternellement, ont-ils déclaré. Les
tarifs des infractions ont évolué négativement pour les populations.
Cette situation sera l’une des préoccupations de la CCVC, a indiqué son
président qui s’est indigné du fait que le gouvernement affirme que la
loi concernant la TDC est votée et par conséquent, doit être appliquée.
’’Combien de lois ont été votées et n’ont pas été appliquées ?" s’est-il
interrogé. Si le meeting entraîne des débordements, les responsables de
la CCVC ne seront-ils pas considérés comme des hors-la-loi par le
gouvernement ?. Cette question a mis le SG de la CSB, en colère. "Qui de
celui qui demande à dialoguer et de celui qui refuse le dialogue est
hors-la-loi ?. C’est le gouvernement qui est hors-la-loi", a-t-il
martelé.
Dabadi ZOUMBARA
Source Le Pays