"Le concept de blanchiment a suscité une immense attention au cours des
trois dernières décennies, mais il existe encore des problèmes émergents
qui y sont associés et empêchent les enquêtes d’aller plus loin".
C’est la conviction du Groupe intergouvernemental d’action contre le
blanchiment d’argent en Afrique de l’Ouest (GIABA) qui entend créer une
plate-forme de réseautage pour le partage d’information entre acteurs
impliqués, dans les enquêtes sur le blanchiment d’argent dans la
sous-région, à travers l’organisation du présent séminaire de formation.
Pour le directeur général du GIABA, le Dr Abdullahi Y. Shehu, "il faut
accorder beaucoup d’importance à l’investigation, car le sous-région
ouest-africaine est difficile à cerner à cause de sa diversité". Selon
lui, le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme ne
constituent pas une nouveauté en Afrique de l’Ouest.
Des exercices ont déjà permis d’identifier un certain nombre de cas de
blanchiment de capitaux, mais les pays de l’espace CEDEAO doivent agir
de concert avec les autres nations et organismes internationaux
concernés pour assurer la protection des économies du monde des abus
criminels.
La cinquantaine de participants venus des 15 pays de l’espace CEDEAO est
composée, entre autres, d’officiers supérieurs de police judiciaire, de
personnels des agences anti-drogues, des douanes, de cellules de
renseignements financiers de la sécurité de l’Etat.
Ils vont renforcer leurs capacités à travers des techniques appropriées
pour rassembler, organiser, analyser et présenter des renseignements
financiers. Ainsi, ils pourront détecter et suivre les activités de
blanchiment d’argent afin de saisir les avoirs d’origine criminelle et
d’obtenir la poursuite judiciaire des auteurs.
Au Burkina Faso, l’environnement de la lutte contre le blanchiment
d’argent est essentiellement caractérisée par la signature et la
ratification des principaux instruments juridiques internationaux. Le
pays n’est pas directement exposé aux menaces du phénomène, mais
l’ingéniosité des criminels est à craindre.
Ils exploitent les opportunités offertes par les lacunes du cadre
législatif, réglementaire et opérationnel des institutions financières
pour perpétuer leurs actes.
Le conseiller technique du ministre de la Sécurité, Mahamoudou Sanogo,
qui a ouvert les travaux de cet atelier s’est réjoui du choix du Burkina
Faso pour abriter ce séminaire de formation.
Il a exhorté les participants à "suivre attentivement les modules qui
seront dispensés afin de rendre plus opérationnels les structures des
différents pays qu’ils représentent" pour barrer la route aux criminels
qui tentent de légitimer les produits illicites de leurs activités
illégales en les canalisant vers des institutions financières ou
d’autres régions.
En rappel, le Groupe intergouvernemental d’action contre le blanchiment
d’argent (GIABA) a été créé par la conférence des Chefs d’Etat et de
gouvernement de la CEDEAO en 2000 pour encourager et faciliter les
efforts régionaux visant à lutter contre le blanchiment de capitaux et
le financement du terrorisme.
Xavier T. Bélengnégré
(Stagiaire)
L'Observateur