Cette année 2010, c’est sous le thème « Femme, éducation et droits politiques » que le Comité intersyndical des femmes des centrales syndicales (CGT-B, CNTB, CSB, FO/UNSL, ONSL, USTB), l’Association et KEBAYINA des Femmes du Burkina et la Division Femme et Enfant du MBDHP ont commémoré, la journée du 08 mars, Journée Internationale de la Femme à la Bourse du Travail à Ouagadougou.
08-03-2010

Sous des chants de meilleurs vœux, la cérémonie d’ouverture présidée par la Camarade KONE Pauline, présidente de l’intersyndical des femmes des centrales syndicales, que le message du 08 mars 2010 a été livré à toutes les femmes du Burkina Faso.
Message à toutes les femmes du Burkina Faso à l’occasion du 08 mars 2010
Le Burkina Faso, à l’instar de la communauté internationale, commémore la journée internationale de la femme chaque 08 mars. Mais pourquoi une journée internationale de la femme ?
Femmes du Burkina Faso,
Voici 153 ans aujourd’hui que les ouvrières du textile de New York aux Etats-Unis ont mené une lutte héroïque pour l’amélioration de leurs conditions de vie et de travail. Cette date du 08 mars est devenue un jour symbole de la solidarité des femmes dans la lutte pour leur émancipation avec la proposition de l’allemande socialiste Clara Zetkin en 1910. A chaque 08 mars, les femmes progressistes dans le monde unissent leurs voix pour dénoncer l’exploitation qu’elles subissent et pour une société plus juste et plus prospère.
Femmes du Burkina Faso,
Dans notre pays, on note en engouement pour la commémoration de la Journée Internationale de la Femme. Mais très souvent l’aspect festif domine, reléguant aux oubliettes les nobles fondements de cette journée. Le 08 mars doit être une journée de réflexion, de bilan d’engagement et d’actions pour l’amélioration du statut et de la condition de la femme et pour une profonde transformation de la société.
Nous plaçons cette journée au cœur des préoccupations féminines qui sont la sécurité de l’emploi dans les structures burkinabè. En effet, nul n’est besoin de démontrer que beaucoup de sociétés burkinabè ont fermé du fait de la non consommation de leur production. Or, le thème retenu pour cette année est « Femme, éducation et droits politiques » a pour but de mettre l’accent sur l’élévation de la prise de conscience des femmes à travers leur éducation. Cela signifie que la majorité de nos sœurs ne savent pas qu’elles contribuent à « mettre à genoux » nos industries en acceptant de consommer des produits importés aux qualités souvent douteuses.
Nous sommes donc conscientes que la bonne santé des unités nationales dépend des consommateurs. Qui d’autre que la femme est mieux placée pour orienter la consommation vers cette production nationale ? Nous savons par ailleurs que la sécurité au travail dépend aussi de la confiance que nous mettrons dans cette production puisque les travailleurs déflatés sont nos époux et nos enfants. Il s’agit pour nous, d’informer nos sœurs de consommer la production nationale pour que les unités qui en produisent puissent garantir les postes de travail à nos époux et enfants.
Femmes du Burkina Faso,
Ces comportements que nous devons adopter ne doivent pas nous faire perdre de vue que la vie chère sévit toujours dans notre pays. Les prix des denrées de première nécessité n’ont pas baissé malgré les bonnes récoltes et la baisse de 50% du prix du baril de pétrole. La pression fiscale vient d’être augmentée par l’adoption de la vignette rebaptisée taxe pour le développement des communes. Cette rebaptisation signifie bien que l’Etat est conscient de la double taxation du citoyen car ce dernier paie déjà la vignette à travers le prix du carburant.
Camarades, restons vigilants car le changement de nom ne modifie en rien la double taxation.
Femmes du Burkina Faso,
Nous devons faire du 08 mars une journée de réflexion sur les problèmes auxquels nous sommes confrontées afin de lutter et d’arracher les droits sociaux, économiques, démocratiques et culturels. C’est pourquoi nous appelons la femme à réfléchir sur le thème particulier de cette année.
Femmes du Burkina Faso,
Renforçons l’unité d’action pour les luttes plus massives. Mobilisons nous au sein de nos différentes organisations, au sein des regroupements comme la Coalition Nationale de Lutte Contre la Vie Chère pour contraindre les autorités à prendre des mesures concrètes et visibles telles que l’abandon de la vignette ou la taxe de développement communal.
Ne nous laissons pas berner par les discours mielleux des politiciens qui cherchent à nous voiler la face et la profondeur de la vie chère.
Ne nous laissons pas intimider par les menaces tendant à nous faire croire que la taxe pour le développement communal sera payé de gré ou de force.
Vive la Journée Internationale de la Femme
Vive les luttes des femmes dans le monde et au Burkina Faso