Joint au téléphone, M. Camara, un ouvrier
qui a participé à cette marche du lundi, soutient que tous les ouvriers ont
marché sur une distance de trois kilomètres jusqu'en ville où ils ont convergé
vers la mairie pour un rassemblement en vue de protester au limogeage de
l'attaché militaire de liaison entre la direction générale et le syndicat.
Au cours de ce rassemblement, poursuit Camara, les ouvriers auraient promis
d'engager des hostilités et exiger la réintégration immédiate sans conditions
du Capitaine Kéita dont la rigueur et la méthode de travail avaient commencé à
donner espoir et satisfaction aux ouvriers dans la défense de leurs intérêts
auprès de la direction générale.
Dans la cour la mairie, certains ouvriers auraient même menacé d'aller en grève
pour obtenir le retour de l'attaché militaire de liaison de RusAl-Friguia,
nommé à ce poste il y a quelques mois.
Selon notre interlocuteur, le capitaine Kéita aurait été limogé à cause de sa
rigueur avec les partenaires russes qui devraient en principe appliquer une
augmentation de la grille salariale à partir de ce mois-ci.
Son successeur qui est un capitaine de
Leur présence dans la cité minière a failli dégénérer dans la nuit de dimanche
avec l'arrivée de jeunes badauds au centre-ville 'Plateau', qui ont voulu leur
jeter des pierres, avant qu'ils ne soient empêchés d'en découdre avec la
délégation du CNDD, venue installer le Capitaine Camara dans ses nouvelles
fonctions.
Malgré la présence des membres du CNDD, la passation n'a pu avoir lieu, car
l'attaché miliaire de liaison sortant était introuvable à Fria.
Aux dernières nouvelles, le calme serait revenu dans la cité et malgré les
menaces de débrayage de certains ouvriers, le travail a bien repris ce mardi où
tous les ouvriers se sont rendus à l'usine en attendant de voir l'évolution de
la situation.

